Définition

Le cancer du poumon : définition

Le cancer du poumon ou cancer bronchique se développe le plus souvent à partir des cellules des bronches. On distingue deux grands types de cancers bronchiques : les cancers bronchiques non à petites cellules et les cancers bronchiques à petites cellules. Ils représentent respectivement environ 80 % et 20 % des cancers.

Prévention

Prévention : Comment se prémunir du cancer du poumon ?

La meilleure arme pour lutter contre l’apparition de cette pathologie reste la prévention, en agissant en particulier contre le tabagisme.

Les objectifs majeurs de la lutte contre le tabac :

  • éviter que les adolescents et les jeunes adultes commencent à fumer
  • susciter l’envie d’arrêter de fumer
  • aider les fumeurs à arrêter le plus tôt possible
  • ne pas enfumer les autres et respecter son entourage, si l’on est fumeur
  • « dénormaliser » la consommation du tabac dans notre société. Le fait de ne pas fumer dans les lieux publics doit devenir une évidence
Facteurs de risques

Facteurs de risques

Si le cancer du poumon peut avoir différentes origines, le tabagisme reste le principal responsable.

L’exposition à la fumée de tabac est responsable d'environ 85 % des cancers du poumon. Ce risque concerne non seulement les fumeurs, mais aussi leur entourage proche (tabagisme passif).

L'usage régulier de cannabis est également un facteur de risque. La fumée de cannabis contient quatre fois plus de goudrons que celle du tabac et renferme davantage de cancérigènes.

L’arrêt du tabac diminue significativement le risque d’avoir un cancer du poumon contrairement à la réduction de la consommation. La durée de l’exposition au tabac est quatre fois plus déterminante que la quantité de cigarettes fumées.

Les travailleurs exposés, régulièrement et sur le long terme, à des substances cancérigènes telles que l'amiante, le radon, l’arsenic, le nickel, le chrome, les goudrons… présentent un risque accru de développer un cancer du poumon.

Des études sont menées sur un éventuel impact de la pollution atmosphérique sur l'apparition de cancers du poumon. Pour l'heure, aucun rapprochement n'a été observé. L'existence de gènes de « protection » ou de prédisposition au cancer du poumon est également envisagée, mais non démontrée à ce jour.

Syptômes

Syptômes

Il n'existe pas de symptômes caractéristiques du cancer du poumon. En revanche, un certain nombre de signes persistants doivent inciter à consulter :

  • toux persistante, avec quintes, sans cause apparente ;
  • essoufflement récent ;
  • douleur au niveau du thorax ou des épaules, résistante aux antidouleurs habituels ;
  • crachats purulents ou sanglants ;
  • infections pulmonaires récurrentes.

Une fatigue anormale, une perte récente d'appétit ou un amaigrissement inattendu peuvent également révéler un cancer du poumon. Toutefois, ces symptômes généraux étant fréquents dans nombre de maladies bénignes, le calme et la prudence restent de mise. Seule une consultation médicale et des examens spécialisés permettront d’affirmer le diagnostic.

UN DÉPISTAGE DU CANCER DU POUMON ?

À ce jour, il n’existe pas de moyens pour dépister précocement les cancers du poumon. L’introduction de nouvelles techniques d'imagerie et de tests biologiques et/ou génétiques pourrait faire évoluer cette situation dans les années à venir.

Diagnostic

Diagnostic du cancer du poumon

Le diagnostic du cancer du poumon se réalise en deux étapes :

  • repérer la lésion
  • préciser ses caractères locaux, régionaux ou à distance.

Le bilan diagnostique s'articule autour d'un examen clinique et d'une imagerie pulmonaire (radiographie, scanner, IRM). Le premier permet de déterminer l'état général du patient et la seconde de repérer une éventuelle tumeur. Les progrès de l’imagerie permettent actuellement une grande précision.

La confirmation de la présence d'une tumeur cancéreuse se fait par le biais de prélèvements (biopsie) réalisés au cours d'une fibroscopie bronchique. Les biopsies permettent de prélever un fragment de la tumeur dont l’examen microscopique est indispensable pour affirmer le diagnostic et obtenir des indications sur le type de cancer (cancer « à petites cellules » ou « non à petites cellules »).

D'autres prélèvements et examens peuvent être réalisés si les premiers ne suffisent pas à poser un diagnostic précis.

Le bilan d'extension permet d'évaluer l'extension du cancer aux organes proches et/ou lointains, afin de déterminer les possibilités chirurgicales éventuelles et les traitements médicaux complémentaires les plus adaptés. Les principaux examens réalisés sont :

  • la médiastinoscopie, pour déterminer le stade du cancer et l’atteinte des ganglions médiastinaux
  • le scanner thoracique, pour repérer la taille et la localisation des anomalies ou nodules, même de très petite taille (inférieure ou égale à 3 millimètres)
  • l’échographie hépatique, à la recherche de métastases dans le foie
  • la scintigraphie osseuse, à la recherche de métastases dans les os
  • l’échographie endo-oesophagienne pour apprécier l’extension du cancer à l’œsophage et aux vaisseaux du cœur
  • l’angiographie pour vérifier la connexion de la tumeur avec l’aorte et les vaisseaux pulmonaires
  • un PETscan (scanner + scintigraphie) pour déceler d’éventuels micro-nodules. Cet examen se pratique si une intervention chirurgicale est envisagée.

Différentes explorations permettent également d'évaluer la capacité respiratoire du patient afin de déterminer si une intervention chirurgicale peut être réalisée.

Classification des tumeurs

L'extension de la maladie s'évalue en stades suivant la taille de la tumeur (de I à IV) ou en suivant la classification T.N.M. (taille et localisation de la tumeur - T1 à T4 ; ganglions atteints ou non - N0 à N3 ; présence ou non de métastases– M0 à M1).

Traitements

Traitements du cancer du poumon

Le traitement est adapté en fonction de chaque personne malade. Il dépend du patient (état général, capacité respiratoire, etc.) et des caractéristiques de sa maladie (type, localisation, évolution, etc.). Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) permet au corps médical d'établir un programme personnalisé de soins (PPS). Ce document résume les différentes étapes du traitement spécifiquement préconisé pour le patient, qui peut à tout moment demander toutes les précisions nécessaires.

Chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, le trio de tête

LES MÉTHODES

La prise en charge du cancer du poumon s'organise autour de trois approches complémentaires et souvent associées : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.

La chirurgie
Lorsqu'elle est possible, la chirurgie reste le traitement choisi. La chirurgie constitue le traitement de référence des cancers bronchiques non à petites cellules. L'intervention consiste à enlever la tumeur dans sa totalité ainsi que les ganglions correspondants. L’analyse des ganglions permet de déterminer si un traitement supplémentaire est nécessaire. Il existe deux interventions chirurgicales :

  • la lobectomie consiste à retirer uniquement le lobe où se trouve la tumeur, de façon à conserver une partie du poumon.
    Une bilobectomie peut également être envisagée sur le poumon droit, qui comporte trois lobes.
  • la pneumonectomie revient à retirer tout le poumon atteint.

À savoir :

il est tout à fait possible de vivre convenablement avec un seul poumon, sans recourir à la respiration artificielle. Un poumon suffit en effet à assurer une bonne oxygénation du sang et l'élimination du gaz carbonique. L'arrêt du tabac est le seul impératif majeur. La respiration étant un peu moins efficace, les exercices physiques seront quant à eux plus limités en durée et en intensité.

Suivi

Suivi après un cancer du poumon

Une fois la phase de traitement terminée, débute une période de suivi aussi longue - à vie - qu'indispensable.
Cette phase permet notamment de surveiller :

  • l'état de santé général ;
  • la réponse au traitement ;
  • les effets secondaires à long terme ou tardifs ;
  • tout signe de récidive ;
  • l'absence de développement d'un deuxième cancer.

Dans ce cadre, des visites de contrôle sont programmées tous les trois à quatre mois au départ, puis tous les six mois par la suite. Les principaux examens réalisés à ces occasions sont un entretien médical, un examen physique, une radiographie du thorax et un scanner thoracique.

Rester vilant

Si certains symptômes apparaissent entre deux consultations, n'hésitez pas à les signaler à votre médecin sans attendre le prochain rendez-vous. Même s'ils ne sont pas forcément le signe d'une récidive, mieux vaut ne prendre aucun risque.

La récidive

Le risque de récidive est très variable, mais étroitement lié au stade d'évolution de la maladie au moment de son diagnostic, ainsi qu'à la poursuite ou non du tabagisme. Le cancer du poumon peut réapparaître au même endroit que la tumeur initiale, dans la même région ou bien dans une autre partie du corps. Un nouveau programme personnalisé de soin est alors mis en place.

Recherche

La recherche contre le cancer du poumon

Pour le cancer du poumon comme pour les autres cancers, la recherche s'intéresse non seulement à mieux soigner la maladie, mais également à mieux la comprendre et la détecter.

Connaître et apprendre

La génétique et ses avancées permettent de découvrir chaque année de nouveaux gènes et de nouvelles protéines impliqués dans le cancer du poumon. Remonter à la genèse de la maladie devrait permettre de mieux la traiter, voire la prévenir.

Chaque type de tumeur possède des caractéristiques (marqueurs) qui lui sont propres. Identifier ces marqueurs va permettre de mieux suivre l’évolution. Cette démarche est déjà une réalité pour certains cancers (cancers du sein et colorectal) et ne devrait plus tarder à le devenir dans le cancer du poumon.

Diagnostiquer vite et bien

Dans tous les cancers, un diagnostic et une prise en charge précoces sont synonymes de meilleure chance de survie et de traitements moins lourds. Un pan entier de la recherche se penche donc sur l'aspect « dépistage », avec notamment le développement de nouveaux outils diagnostic et le perfectionnement de certaines techniques d'imagerie, pour repérer des tumeurs toujours plus petites, les modéliser en 3D et suivre l'évolution de leur aspect tout au long du traitement.
Il est également possible que les progrès de la génétique permettent un jour d’identifier des anomalies caractéristiques des cellules cancéreuses à partir de crachats.

Optimiser les traitements

Si les trois types de traitements actuels sont et resteront des standards, leur potentiel de progression reste considérable. Il est par exemple possible de limiter l'étendue de la chirurgie grâce à des techniques moins invasives. Des alternatives sans la moindre opération sont également envisageables grâce à des procédés tels la radiothérapie stéréotaxique ou la radiofréquence sous scanner.

Concernant les médicaments, une recherche active assure l'arrivée régulière de nouvelles molécules aux modes d'actions toujours plus diversifiés et à l'efficacité toujours plus prononcée.

Demain la recherche

5 pistes prometteuses dans un futur proche

  1. Prévenir l’apparition des cancers
  2. Éliminer les tumeurs en bloquant leur vascularisation (et donc leur alimentation en sang) : l'anti-angiogenèse.
  3. Renforcer les défenses immunitaires de l'organisme : l'immunothérapie (vaccination thérapeutique).
  4. Court-circuiter les « signaux » aberrants émis par la cellule cancéreuse : l'inhibition de la transduction du signal.
  5. Accentuer les erreurs de réparation de l'ADN dans la cellule cancéreuse, pour provoquer sa mort : la potentialisation de l'action cytotoxique.

Les essais cliniques

Les essais cliniques sont un moyen concret d’accéder aux avancées de la recherche. La liste des essais thérapeutiques est mise à jour régulièrement sur le site de l’Institut national du cancer (INCa) et tout patient peut demander à en intégrer un, sous réserve d'éligibilité.
Les essais cliniques sont proposés aux personnes ayant déjà étaient traitées par les méthodes plus traditionnelles.

Votre hôpital ne propose pas d'essai clinique dans le cancer du poumon ? Aucun problème : votre équipe soignante peut vous adresser à un autre établissement afin d'intégrer un protocole spécifique, tout en continuant à vous suivre.

La ligue conte le cancer et la recherche

La Ligue est à l'origine de trois projets phares de soutien à la recherche dans le cancer :

Le programme « Équipes Labellisées » a pour vocation première d’apporter un soutien financier reconduit pendant plusieurs années (au moins trois ans) à des équipes insérées dans des laboratoires reconnus par les tutelles de recherche publique et qui développent des programmes de recherche cognitive en oncologie.

Le programme « Cartes d’identité des tumeurs » (CIT) a été conçu et mis en place en 2000. Ses objectifs sont d'analyser la composition de différents types de tumeurs et d'intégrer les données obtenues dans une base de données unique afin de répondre à des questions, cruciales en vue de retombées rapides dans la prise en charge des malades :

  • quels sont les gènes qui s’expriment différemment dans les cellules tumorales et dans les cellules normales ?
  • peut-on établir, dans les cellules tumorales, un lien direct entre gènes qui s’expriment différemment et anomalies de structure du génome ?
  • les différences observées dans l’expression et la structure des gènes peuvent-elles contribuer à identifier une signature moléculaire informative pour le diagnostic, le pronostic, le traitement de la tumeur, l’apparition des métastases ?

Votre aide pour la recherche contre le cancer

Vous agissez dès maintenant, vous cibler l'affection de votre don pour avancer la recherche sur ce qui touche et affecte.
La Ligue c'est l'assurance du respect de la volonté de chacun contre une lutte commune.

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