Définition

le cancer du côlon : définition

Le cancer du côlon se développe à partir des cellules qui tapissent la paroi interne du côlon.
Dans plus de 80 % des cas, il provient d’une tumeur bénigne, appelée polype adénomateux, qui évolue lentement et finit par devenir cancéreuse. Chaque cancer est unique et se définit notamment en fonction de sa localisation dans le côlon, de sa profondeur dans la paroi, de l’atteinte ou non des ganglions proches du côlon et de la présence ou non de métastases au niveau d’autres organes. Le cancer colorectal est l'un des cancers les plus répandus dans les pays industrialisés.

En France, avec près de 40 000 nouveaux cas par an (21 000 hommes et 19 000 femmes), ce cancer se place en troisième position derrière ceux de la prostate et du sein. Il occupe surtout la seconde place en terme de mortalité, derrière le cancer du poumon. Une position directement corrélée au grand nombre de nouveaux cas annuels (incidence). Toutefois, cette incidence reste stable depuis plusieurs années, tandis que la mortalité décroît progressivement, notamment grâce aux progrès incessants en terme de traitements et au développement des campagnes de dépistage.

Le cancer du côlon se déclare généralement après 50 ans (95% des nouveaux cas, dont 46% après 74 ans). La majorité des cancers du côlon-rectum se développe à partir de lésions bénignes, les polypes. En grossissant, ces derniers peuvent se transformer en cancer, et provoquent souvent des saignements invisibles à l'œil nu. La détection des gros polypes et leur ablation permet de réduire le risque de cancer colorectal.

Environ 40 % des cancers colorectaux touchent le rectum et 60 % le côlon, principalement dans sa partie sigmoïde (la plus basse).

Symptômes

Les symptômes du cancer du côlon

Il n'existe pas de symptômes caractéristiques du cancer colorectal. En revanche, un certain nombre de signes doivent inciter à consulter :

  • troubles du transit intestinal (constipation, diarrhée prolongée, augmentation du volume abdominal, besoin pressant et continuel d'aller à la selle, sensation d'évacuation incomplète, etc.) ;
  • gênes abdominales (ballonnements, crampes, douleurs, etc.) ;
  • sang dans les selles (généralement non visibles à l'œil nu) ;
  • perte récente d'appétit ;
  • perte de poids inexpliquée ;
  • fatigue anormale.

À noter :  ces symptômes généraux étant fréquents dans nombre de maladies bénignes, le calme et la circonspection restent de mise. Seule une consultation médicale et des examens spécialisés permettront d’affirmer le diagnostic.

Toutefois, il ne faut pas attendre la survenue d’un de ces symptômes pour bénéficier d’un diagnostic précoce : le dépistage organisé par la recherche de sang dans les selles avec le test immunologique, c’est quand tout va bien et tous les 2 ans, de 50 à 74 ans !

Diagnostic

Diagnostic du cancer du côlon

Le diagnostic du cancer colorectal se réalise en deux étapes :

  • repérer la lésion (bilan diagnostique) ;
  • préciser ses caractères locaux, régionaux ou à distance (bilan d'extension).

Bilan diagnostique du cancer du côlon

Le bilan diagnostique s'articule autour d'un examen clinique et d'une exploration du côlon et du rectum, par coloscopie. Le premier permet de déterminer l'état général du patient et la seconde de repérer une éventuelle tumeur.

La confirmation de la présence d'une tumeur cancéreuse se fait par le biais de prélèvements (biopsie) réalisés au cours de la coloscopie.

À savoir : un toucher rectal permet également de repérer une tumeur si elle est située à moins de 8 cm de l'anus.

La coloscopie

La coloscopie permet de visualiser les parois internes du côlon. Réalisée sous anesthésie générale légère, et après une préparation soigneuse du colon par un régime sans résidu et laxatifs, elle consiste à introduire dans le côlon un tube souple muni d'une caméra vidéo et d'une pince à prélèvements. En cas de découverte de lésion, cette technique permet d’en estimer la dangerosité et de réaliser un prélèvement pour analyse, voire une ablation totale.
Bilan d’extension du cancer du côlon

Le bilan d'extension sert à évaluer la propagation du cancer aux organes proches et/ou lointains, afin de déterminer les possibilités chirurgicales et les traitements médicaux les plus adaptés. Les principaux examens réalisés sont :

  • l'IRM ou le scanner pelvien, afin de déterminer le stade du cancer ;
  • l'examen anatomopathologique, afin de déterminer si les ganglions lymphatiques sont touchés et si le cancer a commencé à se propager ;
  • le scanner thoracique, à la recherche de métastases dans les poumons ;
  • l’échographie hépatique ou le scanner abdominal, à la recherche de métastases dans le foie ;

Une échographie abdomino-pelvienne, une IRM du foie, voire un PET-scan sont parfois prescrits en complément d'exploration.
Classification des tumeurs

L'extension de la maladie s'évalue en stades suivant la taille de la tumeur (de I à IV) ou en suivant la classification T.N.M.
(taille et localisation de la tumeur – T1 à T4 ; ganglions atteints ou non – N0 à N3 ; présence ou non de métastases – M0 à M1).

Traitement

Traitement du cancer du côlon

Le choix des traitements est adapté à votre situation. Plusieurs médecins de spécialités différentes se réunissent pour discuter des solutions de traitements possibles dans votre cas. Ils se basent pour cela sur des recommandations de bonne pratique. Il peut également vous être proposé de participer à un essai clinique.

L’équipe qui vous prend en charge comprend des professionnels de différentes spécialités : gastroentérologue, oncologue médical, chirurgien, pathologiste, psychiatre ou psychologue, spécialiste de la douleur, infirmier, stomathérapeute, aide-soignant, diététicien, assistant social…
Au sein de votre établissement de santé ou en ville, ils travaillent en collaboration et en lien avec votre médecin traitant.

Le traitement des cancers du côlon repose principalement sur la chirurgie qui vise à guérir le cancer en supprimant la portion du côlon atteinte par la tumeur. L’opération nécessite une hospitalisation de sept jours en moyenne. Des effets secondaires (troubles du transit intestinal, douleur, fatigue…) peuvent persister quelques semaines et doivent systématiquement être pris en charge.

La tumeur et l’ensemble des éléments retirés pendant l’opération (vaisseaux sanguins, ganglions) font l’objet d’un examen anatomopathologique.
Cet examen, réalisé au microscope, permet d’évaluer l’étendue de la maladie et de décider si la chirurgie doit être complétée ou non par une chimiothérapie.

La chimiothérapie est un traitement à base de médicaments anticancéreux. Son objectif est de réduire le risque de récidive.
Il existe de nombreux médicaments de chimiothérapie qui ont chacun des modes d’actions particuliers. Généralement, on associe plusieurs médicaments entre eux afin de renforcer l’efficacité du traitement. Les effets secondaires sont variables d’un médicament à l’autre et d’une personne à l’autre.

Des traitements ou mesures préventifs vous sont proposés pour les limiter au maximum. En cas de besoin, votre médecin peut adapter votre traitement en faisant varier les dosages ou en changeant de médicament.

La prise en charge du cancer est globale et comprend tous les soins et soutiens dont vous pourriez avoir besoin dès le diagnostic, pendant et après les traitements : soutien psychologique pour vous et vos proches, accompagnement social, prise en charge de la douleur, suivi nutritionnel, etc

Effets indésirable

Effets indésirables des traitements contre le cancer du côlon

Les traitements provoquent souvent des effets indésirables plus ou moins intenses. Ceux-ci varient considérablement d'un patient et d'un traitement
à un autre et il n'existe pas de moyen de prédire "qui" tolérera mieux "quoi". En revanche, les professionnels de santé sont là pour expliquer
tout ce qui peut se passer et comment y remédier au mieux.

Effets indésirables de la chirurgie

Les effets indésirables de la chirurgie sont rares. Le principal est la fistule anastomotique, un défaut de cicatrisation de la suture entre les deux parties restantes du côlon. Cette complication survient habituellement une semaine après l’opération et se manifeste par de la fièvre avec des douleurs abdominales et un arrêt du transit digestif.

Effets indésirables rares : les complications hémorragiques intra abdominales et les abcès de paroi. Des troubles de l'érection peuvent également se rencontrer, en particulier si l'opération a porté sur le rectum.

Après l’opération, des troubles du transit intestinal sont fréquents (diarrhée, constipation, augmentation du nombre de selles). Ces troubles sont variables selon les personnes et la portion du côlon qui a été enlevée, mais s'améliorent progressivement avec le temps et un régime alimentaire adapté.
Effets indésirables des chimiothérapies

Problème majeur, les effets indésirables des chimiothérapies sont liés à l'absence de sélectivité des produits employés. Le traitement détruit les cellules cancéreuses, mais aussi certaines cellules à croissance rapide : cheveux, ongles, paroi du tube digestif et cellules sanguines. Fatigue, moins bonne résistance aux infections, perte d'appétit, modification du goût, nausées et vomissements, diarrhées, sensation d'engourdissement ou de fourmillement, réactions allergiques, troubles cutanés, lésions buccales et chute des cheveux sont, par conséquent, les manifestations indésirables les plus fréquentes.

Les thérapies ciblées présentent des effets indésirables moins marqués, souvent d'ordre cutané ou allergique : hypertension, saignements ou encore maux de tête.

Effets indésirables de la radiothérapie

Les effets indésirables de la radiothérapie sont le plus souvent :

  • irritation de la vessie (cystite),
  • inflammation du rectum ou de l’anus,
  • crises hémorroïdaires,
  • troubles intestinaux (diarrhées, crampes, selles fréquentes, etc.),
  • troubles cutanés,
  • perte d'appétit,
  • fatigue
La recherche

La recherche contre le cancer du côlon

Pour le cancer colorectal comme pour les autres cancers, la recherche s'intéresse non seulement à mieux soigner, mais également à mieux comprendre et détecter. Des progrès majeurs ont été réalisés ces dernières années tant au niveau du dépistage que des traitements, mais de nombreuses voies prometteuses sont encore en phase d'exploration.

Connaître l'ennemi

La génétique et ses avancées permettent de découvrir chaque année de nouveaux gènes et de nouvelles protéines impliqués dans le cancer du côlon, de façon à mieux traiter - voire prévenir - la maladie.
Diagnostiquer le cancer du côlon vite et bien

Dans tous les cancers, un diagnostic et une prise en charge précoces sont synonymes de meilleure chance de survie et de traitements moins lourds. Un pan entier de la recherche s'intéresse au dépistage, avec le développement d'un test de détection immunologique beaucoup plus sensible. La détection des polypes précancéreux devient ainsi de plus en plus aisée, assurant une meilleure prévention de l'apparition des cancers colorectaux.

Optimiser les traitements contre le cancer

Malgré les constantes évolutions, le potentiel de progression des traitements reste important. De nouveaux espoirs sont ainsi permis avec le développement permanant de nouveaux médicaments, actuellement en cours d'essais sur des cultures cellulaires, des modèles animaux ou chez des patients en échec thérapeutique.

Les thérapies ciblées sont également en plein essor et proposent diverses directions : bloquer la croissance des cellules cancéreuses, asphyxier la tumeur en réduisant son apport sanguin, faire réagir les réactions immunitaires de l'organisme contre les cellules cancéreuses, etc. Certaines de ces approches fonctionnent déjà dans le cancer colorectal, et devraient déboucher sur des thérapies encore plus efficaces.
Demain la recherche contre le cancer

5 pistes prometteuses dans un futur proche :

  1.     1. Prévenir l'apparition des cancers
  2.     2. Éliminer les tumeurs en bloquant leur vascularisation (et donc leur alimentation en sang) : l'anti-angiogenèse.
  3.     3. Renforcer les défenses immunitaires de l'organisme : l'immunothérapie (vaccination thérapeutique).
  4.     4. Court-circuiter les "signaux" émis par la cellule cancéreuse : l'inhibition de la transduction du signal.
  5.     5. Accentuer les erreurs de réparation de l'ADN dans la cellule cancéreuse, pour provoquer sa mort : la potentialisation de l'action cytotoxique.

Les essais cliniques

Les essais cliniques sont un moyen concret d'accéder aux avancées de la recherche. La liste des essais thérapeutiques est mise à jour régulièrement sur le site de l'Institut national du cancer (INCa) et tout patient peut demander à en intégrer un, sous réserve d'éligibilité.
Les essais cliniques sont proposés aux personnes ayant déjà étaient traitées par les méthodes plus traditionnelles.

Votre hôpital ne propose pas d'essai clinique pour le cancer du côlon ? Votre équipe soignante peut vous adresser à un autre établissement afin d'intégrer un protocole spécifique, tout en continuant à vous suivre.

"La Ligue en actions" : La Ligue contre le cancer et la recherche contre le cancer colorectal

Le projet portant sur la génomique du cancer du côlon, débuté au sein de l'unité de génomique fonctionnelle de l'institut Gustave Roussy (IGR), se poursuit en collaboration avec la Ligue nationale contre le cancer.

De nombreux échantillons ont été analysés à partir d'une banque de plus de 400 prélèvements tumoraux congelés au cours des 10 dernières années. Le but de ce projet est d'identifier des marqueurs moléculaires permettant de prédire la rechute des cancers du côlon de stades II et III après chirurgie, et ainsi de mieux identifier les patients à qui il faut proposer une chimiothérapie complémentaire. Ce projet initié par le Dr Valérie Boige (IGR) a permis de réunir un grand nombre de tumeurs dans le cadre d'un consortium associant l'IGR, l'hôpital européen Georges Pompidou, le registre des cancers de la Côte d'Or, et le centre Antoine Lacassagne à Nice. La valeur pronostique de plusieurs marqueurs identifiés grâce à cette analyse est en cours d'évaluation.

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