Le cancer : une fatalité, une affaire de famille, une maladie de civilisation ? Des données régulièrement actualisées portant sur le nombre de cancers liés à nos modes de vies et à notre environnement rappellent, encore une fois, que la prévention des cancers est un enjeu majeur de santé publique, mais que les facteurs de risques sont encore mal connus des Français.

41 %. C’est la part des cancers diagnostiqués en 2015 chez des adultes qui étaient liés à un facteur de risque évitable. Environ 142 000 cas en une année pour la France métropolitaine. L’étude qui a permis de produire ces données, publiée ce lundi dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), est le fruit d’un travail collaboratif mené par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et pour lequel de nombreux experts se sont penchés sur le rôle joué par 13 facteurs de risque avérés et évitables : 
le tabagisme, la consommation de boissons alcoolisées, l’alimentation, le surpoids et l’obésité, l’activité physique insuffisante, l’utilisation d’hormones exogènes, l’allaitement (durée sous-optimale), les infections, les radiations ionisantes, la pollution atmosphérique, le rayonnement UV, les expositions professionnelles et l’exposition aux substances chimiques en population générale (arsenic dans l’eau de boisson et benzène dans l’air intérieur).

Ces résultats confirment et précisent des informations connues de longue date mais qu’il est malheureusement bon de rappeler : le tabac et l’alcool sont les principales causes de cancer en France, avec 20 % et 8 % des cas directement liés à l’exposition à ces deux facteurs de risque, respectivement. L’alimentation et le surpoids viennent en troisième place, étant chacun responsable de 5,4 % des cas cancers.

 

Visuel test actu cancer
Source : Santé Publique France; Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 21

 

Comparés à la précédente étude de ce type, réalisée en 2000, les résultats actuels font état d’une légère hausse du poids global des facteurs de risque évitables (35 % des cas sur l’année 2000). Une évolution qui peut s’expliquer, selon les auteurs, par la prise en compte d’un nombre plus importants de facteurs de risques avec, notamment, celle des expositions professionnelles aux agents cancérogènes avérés.De façon intéressante, ces résultats coïncident avec ceux des Baromètres cancer qui, selon les auteurs de l’éditorial du BEH, sont très alarmants sur le niveau d’information du grand public : les fausses croyances sur les facteurs de risque ont le vent en poupe ! Ainsi, selon 76 % des personnes interrogées en 2015, boire des sodas ou consommer des hamburgers serait aussi mauvais pour la santé que boire de l’alcool (vs 68,8% en 2005) et la pollution atmosphérique causerait davantage de cancers que l’alcool (54,7% en 2005 vs 66,9% en 2015). Si l’information passe globalement bien sur la question du tabac, celle qui concerne l’alcool reste plus brumeuse, malgré des chiffres très clairs en termes de risque sanitaire et des repères de consommation réaffirmés régulièrement : pas plus de 10 verres standards par semaine, avec des jours sans consommation.

Prévention nutritionnelle des cancers, les recommandations internationales mises à jour

Le travail d’expertise collective réalisé en continu par le World Cancer Research Fund (WCRF) et l’American Institute for Cancer Research (AICR) permet d’évaluer les niveaux de preuve des relations entre différents facteurs nutritionnels et le risque de cancers. Cette analyse massive des données issues de la littérature scientifique permet de définir des recommandations nutritionnelles globales ainsi que des objectifs précis et chiffrés que les professionnels de santé, les acteurs de la prévention ou le grand public s’approprient plus facilement.

Pour en savoir plus : https://www6.inra.fr/nacre/Actualites/WCR-AICR-Third-expert-report-2018